Le frère Charles Ruetsch est biologiste de formation. Il travaille dans le domaine de la recherche agronomique et poursuit ses études de théologie au couvent Saint-Jacques, à Paris.
Plusieurs frères de la Province accompagnent tout au long de l'année des groupes scouts de différentes sensibilités. Nous reproduisons ici l'article paru sur ce sujet dans le dernier numéro des Amitiés Dominicaines.
Mais que peut bien venir faire un frère dominicain auprès d’un groupe scout ? Non seulement l’habit (blanc !) ne se prête guère au camping, mais surtout on imagine plus spontanément le dominicain dans une bibliothèque ou une salle de conférence plutôt qu’à courir la campagne avec une bande de jeunes et un foulard autour du cou… Mais Dominique lui-même, en son temps, ne parcourait-il pas à pied avec ses compagnons les routes du Languedoc ? Il avait compris que c’est en marchant au pas des hommes et en partageant leur soupe que l’on peut mieux leur parler de Dieu. Le projet du scoutisme ne serait donc peut-être pas si éloigné que cela de l’idéal dominicain !
Plusieurs frères de la Province sont ainsi investis dans l’accompagnement de groupes de diverses sensibilités (Scouts et Guides de France, Scouts Unitaires de France, Scouts et Guides d’Europe).Ils adhèrent à une pédagogie qui a fait ses preuves pour faire grandir des jeunes en vérité, afin qu’ils deviennent des hommes et des femmes adultes et responsables dans le monde d’aujourd’hui. Puisqu’elle vise à une formation intégrale de la personne, la dimension spirituelle du scoutisme ne vient pas se « plaquer » de manière artificielle au beau milieu des activités ludiques. C’est la beauté de la nature, la rugosité des contacts humains, la fidélité au service et à l’engagement qui nourrissent la recherche spirituelle à tous les âges du scoutisme. Ainsi, sens du concret, sens des autres et sens de Dieu s’articulent harmonieusement et s’interpénètrent au gré des réunions, des week-ends et des camps. Chaque chef(taine) se sait responsable de la croissance humaine et spirituelle des jeunes qui lui sont confiés : le scoutisme est bien un mouvement animé par et pour des laïcs, y compris pour ce qui concerne la dimension spirituelle.
Membre à part entière d’une communauté éducatrice, les frères veillent à être attentif à la progression de chacun dans les différentes branches du mouvement, à les aider à découvrir et à mettre en œuvre le message du Christ, à éclairer à la lumière de l’Evangile telle ou telle situation de la vie commune. Nul doute que l’expérience de la fraternité dominicaine donne à cette présence, discrète mais importante, une saveur particulière. L’intuition évangélique de Dominique et la grâce de la miséricorde trouvent ici aussi un lieu idéal d’expression, qu’il s’agisse de préparer la promesse d’un louveteau, de discuter des objectifs d’un camp de routiers à l’étranger ou d’aider une cheftaine en difficulté avec un jeune. Un dominicain chez les scouts, finalement, ce n’est peut-être pas si incongru que cela !




